C’est avec un peu de retard que nous partageons avec vous la réponse de
la ville de Nantes à notre courrier adressé à Marisol Touraine
concernant le don du sang.
Qu’en est-il actuellement au niveau de la législation ? Quelles ont été les avancées ? Nous gardons un oeil sur ce qu’il se passe à ce sujet.
L’année dernière, la Queer Ta Night avait été créée. C’est une soirée organisée par des militantEs faite pour partager, danser, faire la fête et plein d’autres choses encore.
Cette année, on remet ça ! On change de lieu (bar Livresse à Nantes), mais on ne change pas d’énergie ni de concept !
Après avoir milité tout l’hiver, le collectif QueerFarnaüM t’invite à venir danser, transpirer et bouger au son du beat and bass !
Nous avons reçu une réponse du ministère (ou plus exactement du chef de cabinet) dont nous partageons ici la copie :
Il paraît évident que nous devons rester vigilant quant à la suite. Oui il y a eu une avancée (un petit pas dirons nous), mais tout cela est au stade de la concertation et des études.
Donc nous garderons un oeil sur le résultat des concertations et les décisions qui en découleront.
Nous témoignons notre entier soutien envers Sandrine K. qui se bat pour pouvoir voir sa fille, et davantage encore suite au jugement transphobe ET homophobe du TGI de Lorient.
Rappel des faits : Sandrine K. , après avoir requit la garde partagée, puis complète, de sa fille de 2 ans, se l'est vu retirée totalement et n'a plus le droit de la voir que 2h dans un lieu neutre sous surveillance, 2 fois par mois. Un traitement habituellement réservé aux parents pédophiles et autre acteurs de violences envers leurs enfants. Pour quel motif ? Sandrine est une femme trans* et lesbienne. Selon la Juge, “elle projetterait sa recherche de féminité sur sa fille” et cette dernière aurait “besoin d'un papa et d'une maman pour pouvoir construire son identité dans sa période oedipienne”, invoquant la théorie de Freud.
La Juge se fiche totalement des conditions de vie de l'enfant, tant qu'elle n'est pas sous le toit d'une trans* ! (“le point crucial n'est pas de savoir si l'enfant dort dans un lit parapluie ou a une chambre de princesse, mais de savoir si au travers de sa demande de résidence de l'enfant, [Madame K.] ne cherche pas à asseoir sa féminité”, dixit la Juge) De plus, la Juge ne tient absolument pas compte de l'acte de notoriété établi auprès d'un notaire pour que son prénom Sandrine soit utilisé lors de l'audience. Cela constitue une grave violation de l'identité d'une personne. Pour couronner le tout, et malgré le retrait de la transidentité des maladies psychiatriques en France en 2010, ainsi que les certificats psychiatriques fournis, la Juge a ordonné une expertise psychologique des parents car “il n'a pas été mis en évidence lors du bilan d'évaluation de pathologie psychiatrique ni trouble de la personnalité”.
L'audience était un jugement de la transidentité et de l'homosexualité de Sandrine, au lieu du jugement de la garde de sa fille.
Mais cette affaire ne concerne pas que le sort des parents trans*. Sachez que ce jugement peut aussi faire état de jurisprudence pour les jugements de familles homoparentales.
Tout cela est inacceptable de la part de la justice française, qui se doit d'être impartiale et de respecter la loi et la dignité humaine !!
Le silence qui entoure cette affaire n'en est que plus violent et assourdissant pour cette famille.
A Madame Marisol Touraine Ministre des Affaires sociales et de la santé,des Droits des Femmes
Objet : Don du sang et discrimination envers les personnes homosexuelles, bisexuelles, et transgenres
Madame la Ministre,
nous sommes le collectif nantais QueerFarnaüM, un groupe de personnes militantes homosexuelles, bisexuelles, transgenres et féministes.
Nous attirons votre attention sur la discrimination dont sont victimes les personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres depuis de nombreuses années lorsqu’elles souhaitent donner leur sang. Cette possibilité - un droit pour leurs concitoyens hétérosexuels - leur est refusée en raison de la législation en vigueur en France, qui s’appuie sur l’arrêté du 12 janvier 2009 fixant les critères de sélection des donneurs de sang.
Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2012, le futur président François Hollande s’était pourtant engagé à mettre un terme à cette discrimination en modifiant la loi. Or malgré les demandes répétées des associations, et en dépit d’une accélération de l’évolution des lois à l’échelle internationale en faveur d’une extension du don du sang aux personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres, force est de constater que cette promesse n'a pas été tenue.
Madame la Ministre, nous vous demandons la suppression de l’annexe 2 de l’arrêté du 12 janvier 2009 concernant les personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres, actuellement mentionnées comme donneurs « contre-indiqués ». Il s’agit d’une grave inégalité de droit, à laquelle vous serez évidemment sensible. Nous demandons également la fin des fichages de ces mêmes personnes par l'Établissement Français du Sang,car ils sont contraires aux principes fondateurs de notre République.
Nous joignons à notre demande une série de témoignages de personnes à qui le don du sang a été refusé, et désormais fichées en raison de leurs orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
« On m’a refusé un don du sang pour motif d'homosexualité et de piercing à l’EFS de la région Champagne-Ardenne en 2000 » Une femme lesbienne (29 ans)
« Je suis donneuse de sang depuis plus de 20 ans. Ma bonne santé m'a permis de donner mon sang un grand nombre de fois. Femme trans, lorsque j'ai débuté ma transition je suis allée donner mon sang dans mon véritable genre. La première fois, on a accepté de prélever mon sang. Preuve qu'il n'y a pas de contre-indications médicales malgré la prise d'hormones féminines. La deuxième fois, je suis tombée sur un médecin transphobe qui a refusé mon don. Seule raison invoquée par cette personne : “Vous n'êtes pas en état psychologique de donner votre sang !! » Une femme transgenre (40 ans)
« Je connaissais un homme avec qui je n'avais plus de contacts et qui était gay. Il s'assumait entièrement et pouvait mettre sa féminité naturelle en avant sans se soucier du regard des autres. Mais face aux secteurs administratifs et structures hospitalières, tout était différent. Il n'a jamais réussi à faire un don du sang, même avec un test VIH négatif à l'appui. Suivant l'organisme, il ne pouvait parfois même pas franchir la première étape sous prétexte qu'il y avait trop de monde. Suffisamment de monde pour parfois exprimer à demi-mots qu'avec son allure il devait avoir des pratiques douteuses et avait probablement contracté des mst donc que c'était une personne à risque….. Au final il a changé de ville après quelques années pour vivre là où il ne serait pas jugé quelles que soient ses intentions… » Un homme ayant eu des rapports sexuels avec des hommes, rapporté par une de ses amies
Nous pouvons ajouter à ces témoignages l'exemple de ce jeune homme à Nantes qui a fait don de ses organes après son décès dans de terribles circonstances, mais qui n'aurait pas pu donner son sang de son vivant en raison de son orientation sexuelle. Cette lettre, ainsi que votre réponse, seront rendues publiques sur le blog de notre collectif.
Dans l'attente d'une réponse de votre part et d’une rapide prise en considération de notre demande, veuillez agréer, Madame la Ministre, l'expression de nos salutations les plus respectueuses.
C'est après avoir quitté la manifestation contre les violences policières du samedi 21 février 2015 que Thomas, membre du collectif QueerFarnaüM T.P.G.B. Féministe non-violent a été victime de violence, humiliation et homophobie de la part de personnes dépositaires de l'autorité publique.
Contrôles d'identités à répétition pour finir par humiliation et homophobie
Thomas et plusieurs membres du collectif se sont retrouvés une heure avant pour aller à la manifestation ensemble. C'est là que nous avons subi le premier contrôle d'identité avec fouille au corps, bien avant la manifestation. Dix minutes après, nous étions loin du cortège, rebelote ! Deuxième contrôle d'identité par des gendarmes mobiles, qui lisent nos pancartes (« les pédales contre le capital », « quand les goudous se braquent range ta matraque ») avec un sourire moqueur.
Nous rejoignons le cortège. Pendant la manifestation, pas de heurts, pas de violence ni de contrôle. Uniquement des slogans, des pancartes, des fumigènes, des personnes de tous âges et de tous genres. Une belle manifestation à la fin de laquelle chacunE repart de son côté.
C'est là que Thomas a été victime d'une histoire de violence policière.
En quittant la manifestation avec son sac à dos et ses pancartes, il a subit un troisième contrôle d'identité effectuée par la police en tenue anti émeute devant le commissariat hôtel dieu. Il y avait 10 ou 15 policiers.
On lui a demandé de balancer le nom des jeteurs de bombe de peinture. Il ne savait pas, donc n'a pas répondu. On lui a vidé son sac à dos par terre. Il a été forcé à s'agenouiller, s'est fait frappé aux chevilles à coup de pieds. Un des policiers est tombé sur un guide sur le consentement homosexuel qui était dans le sac à dos. Il l'a montré à notre ami en souriant : « un peu osé comme littérature, non ? » Suivi de : « Vous êtes dégueulasses ! ». Tout de suite après ces mots doux, on lui a demandé où il se rendait, ce à quoi il a répondu qu'il allait chez son compagnon. Réponse d'un policier : « vous allez vous reproduire ? ». Après ce moment de violence, d'humiliation, d'homophobie, on lui a demandé de reprendre ses affaires et de partir. On lui a confisqué mégaphone, masque de ski, médicaments. On lui a piétiné ses disques, déchiré ses pancartes. Le policier qui lui a rendu sa carte d'identité l'a fait en poussant violemment notre ami et en le menaçant de l'embarquer si il le revoyait dans le quartier.
Après une telle scène, qui a duré entre 10 à 20 minutes, notre ami a trouvé refuge chez son copain et nous l'avons entouré.
Pour porter plainte, cela a aussi été un calvaire. Le jour-même, les policiers ont tenté d'intimider Thomas en lui expliquant dans un premier temps qu'ils ne prenaient pas les plaintes relatives à la manifestation avant lundi, puis qu'il pouvait le faire dès le samedi mais qu'il y aurait 5h d'attente.
Les événements se sont passés vers 15h, après l'attente au CHU, l'attente au commissariat et le choc de ce qui s'est passé, notre ami a décidé de porter plainte le lundi pour violence par personne dépositaire de l'autorité publique et injures discriminantes envers une orientation sexuelle à caractère publique, mobile : homophobie.
Il va de soi que nous suivons cette affaire de près et que nous accompagnons Thomas dans toutes ses démarches. Nous devons une fois de plus rappeler que l'homophobie n'est pas une opinion mais un délit, et les représentants de l'ordre ne sont pas au dessus des lois.
Nous nous sommes présentéEs sur le lieu d'une collecte de l'EFS. Nous sommes entréEs silencieusement. L'un de nous a fièrement brandi
une pancarte “Je suis pédé, je veux donner mon sang” face aux personnes
qui attendaient leur entretien avec un médecin. Pendant ce temps, une
autre personne distribuait des tracts expliquant pourquoi nous étions
là.
Les personnes ont pris les tracts, les ont lus, sans
animosité ni altercation. Une femme est venue nous dire qu'elle n'était
pas d'accord avec le mot “pédé”. Nous lui avons expliquer pourquoi nous
utilisons ce mot (réappropriation de l'insulte pour faire court).
Assez rapidement, une personne en blouse blanche a été chercher
quelqu'un (un médecin) pour savoir ce que nous voulions et discuter avec
nous. Cette femme et ce médecin étaient manifestement inquiets et
craignaient sans doute que nous fassions une action “coup de poing” en
mode on casse tout. Nous n'étions pas là pour ça. Nous avons pu
échanger avec ce médecin, qui a essayé maladroitement de nous expliquer
que “non ça ne marche pas comme ça, c'est de l'évaluation des risques”.
Mais il était trop mal à l'aise pour continuer la discussion
Nous
avons donc expliqué que notre but était d'informer les personnes
présentes sur cette inégalité que cette discrimination créer, et que
nous étions là aussi pour discuter. Suite à quoi la responsable de la
collecte est venue nous voir.
En lisant le tract, elle nous a
affirmé que les femmes, gouines ou pas, peuvent donner leur sang sans
problème. Quand nous lui avons évoqué l'exemple d'un refus, elle nous a
expliqué qu'il n'y a pas de contre indication officielle et que le
médecin à l’œuvre ce jour-là avait du faire une erreur. Scepticisme de
notre part.
Ensuite, elle a contacté par téléphone la responsable
régional de l'EFS. L'entretien s'est conclut par un échange de numéro
de téléphone. C'est une première prise de contact. A voir pour la suite.
ToutEs nous ont expliqué que ce n'est pas eux qui font les lois, iels
dépendent du ministère, qu'iels ne peuvent pas donner leur opinion
personnelle puisqu'iels travaillent.
Cette action s'est passée
sans agressivité. Les donneurs présents ont lu les tracts, certains ont
dit qu'ils savaient déjà, d'autres n'étaient pas au courant de cette
discrimination. De plus, nous avons pu discuter avec des médecins (plus
ou moins à l'aise) et avec la responsable régional.
Il est évident que nous ne laisserons pas l'affaire sans suite. Cette discrimination doit disparaître et nous nous battrons pour que cela se fasse !
Des faits survenus courant décembre 2014 nous ont choquéEs puis alarméEs. Nous nous interrogeons aujourd'hui sur l'état de l'homophobie et de la transphobie dans le monde.
En Egypte, deux évènements sont survenus. D'une part, 8 jeunes hommes avaient été condamnés pour “publication d'images indécentes” après avoir été accusés d'apparaître dans la vidéo d'un “mariage gay”. D'autre part, 26 hommes avaient été arrêtés lors d'une descente de police dans un hammam et ont été jugés pour “débauche” sous l’œil de la caméra d'une “journaliste” qui s'est targuée d'avoir dénoncé ce lieu. Dans ce pays, la loi n'est pas claire concernant l'homosexualité : celle-ci n'est pas illégale, mais sous couvert de débauche (par exemple) ou d'autres lois, les TPGB sont victimes de discriminations, d'arrestations, voire pire. Loin de nous l'idée de poser ici un quelconque jugement ou une quelconque tentative d'explication fallacieuse sur le pourquoi du comment. Un constat, simplement alarmant !
Selon une carte datant de 2013 mise en ligne par ILGA (http://www.mobilisnoo.org/wp-content/uploads/2014/05/ilga_2014_540.jpg), 73 pays condamnent l'homosexualité par des peines de prison et/ou des châtiments corporels, et dans 5 pays, c'est la peine de mort ! Récemment en Syrie, c'est en jetant d'un toit 2 hommes que cette peine a été appliquée.
Pourquoi ces lois (ou absence de loi) visent particulièrement les TPGB ? Les réponses sont si multiples que nous ne nous risquerons pas à en apporter une trop simple. Politique, religion, “culture”, bouc émissaire, etc… La complexité de la question est extrêmement large.
Il ne s'agit pas de faire une longue (beaucoup trop longue) liste des exactions commises à l'encontre des TPGB à travers le monde, mais bien de se poser la question de ce qu'on peut faire à notre échelle pour que cela cesse. Nous avons conscience de nos privilèges. Certes nous nous battons pour l'égalité des droits pour toutEs dans notre pays, mais ne nous rendons pas aveugles au reste du monde.
Charlie hebdo peut plaire ou déplaire. Néanmoins ces dessinateurs ont bercé nos enfances et adolescences. Qui plus est, le plus important aujourd’hui n’est pas qui ils sont, mais comment ils sont morts.
L’hallali a déjà commencé, l’amalgame aussi. Lors du rassemblement d’hier, j’ai entendu un homme dire ” vous vous rendez compte !? Il y a des femmes voilées dans mon quartier !” avec une pointe de peur ou de colère dans la voix. Sous entendu “ils sont partout, ça peut arriver partout !”.
Il y a fort à parier que chacunE va y aller de son histoire, et que les médias ne vont pas se priver de mettre dans leur ligne de mire tous les méchants musulmans de la terre.
Le problème c’est que ce sont des hommes qui ont tués d’autres hommes. Il s’avère que les uns étaient dessinateurs satiriques et les autres… On ne sait pas ! Peut-être sont-ils intégristes, ou terroristes, ou nudistes. Nous ne savons que ce que les médias nous servent et cela attise les haines.
Ne nous trompons pas ! Quel que soit ces hommes qui ont tués, ils ne sont représentatifs que d’eux même. Ne laissons pas la haine imbécile nous aveugler.
Pour nous, ce n’est pas une menace isolée. Ce n’est pas cet homme désespéré qui a Noël fonce dans le marché et tue. C’est un danger qui grandit, qui s’intensifie, utilisant l’islam et choisissant ses pions dans les mosquées. C’est pourquoi il est si important de protéger les personnes qui sont les plus vulnérables aujourd’hui et probablement les plus apeurées: les musulmanEs.
Pour la millième fois, soyons plus malin qu’eux, ne recréons pas encore la même Histoire: L’islam n’est pas synonyme d’islamisme et encore moins de terrorisme.
Une société démocratique est une subtile balance de liberté d’expression et d’opinion et de religion. Ne détruisons pas ce que nous avons mis tant de temps, de réflexion à créer : rester uniE, tolérantE, fièrE de vivre dans une société ou la diversité nous apporte tant.
Nous sommes des personnes enragéEs par cette société créée pour, par et avec les hommes ; où les femmes n'ont pas leur place, où les pédés sont forcément coiffeurs, la mécano forcément gouine, être trans c'est être prostituéE, être prostituéE est une insulte, être sans papier c'est être un paria.
De notre colère nous tirons notre force, et avons créé ce collectif queer féministE militantE. contact : queerfarnaum@gmail.com